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Un lecteur a demandé ce que nous pensions du commentaire : « De bien des façons, bien écrire est une question d’opinion. ». La réponse à cette question n’est pas simple.
« Opinion » est un mot glissant…donc bon !
Certaines opinions sont fondées sur des faits, la connaissance et l’expérience. D’autres avis ne sont basés sur rien d’autres que le caprice, la rébellion ou l’ignorance. J’avais une élève de 16 ans qui me contredisait quand je lui disais d’arrêter d’utiliser « Moi » comme sujet d’une phrase. Je suppose qu’elle estimait que l’utilisation correcte de ce pronom était « une question d’opinion ».
Quant à « Bien écrire », qu’est-ce que cela veut dire exactement ?
Chaque texte a un but. Le degré d’atteinte du but visé est ce qui détermine si le texte est « bon » ou non. Depuis que Reynolds Tobacco a défié les normes avec son slogan « Winston est aussi bonne comme une cigarette devrait l’être » (1) dans les années cinquante, l’anglais non conforme à la langue correcte est devenu un crochet sur lequel s’accroche des messages publicitaires destinés aux jeunes qui aiment se considérer comme étant « cool » et défiant les conventions. La devise d’Apple « Pense Différent ! » (2) est grammaticalement fausse, mais elle fonctionne en tant que slogan publicitaire. Est-ce cela « bien écrire » ? Les publicitaires et leurs services de comptabilité le pensent probablement.
Ce qu’est une « bonne écriture » dépend du but et l’auditoire visés.
À moins qu’il n’y ait une raison artistique ou commerciale de transgresser les règles normatives, une « bonne écriture » est grammaticalement correcte. Je ne blâmerai cependant pas un auteur de romans policiers ou un blogger pour avoir un style plus familier que ce que je m’attendrais à trouver dans une biographie ou un livre sur la philatélie.
Dans le roman Des fleurs pour Algernon (3), le personnage principal, Charlie, écrit d’une manière semi-analphabète au début puis il évolue en adoptant une écriture instruite avant de régresser vers son premier style. Ceci est une « bonne écriture » qui transgresse les règles de l’anglais standard pour obtenir un effet artistique.
Un article de journal au vocabulaire pauvre et criblé d’adjectifs mal placés n’est pas « bien écrit » même si l’auteur a un diplôme en journalisme et même si le lecteur peut comprendre l’histoire racontée.
Les bons auteurs produisent de bons écrits. Un bon auteur connaît les règles normatives de la langue et ne les viole jamais involontairement.
N-d-T :
1. Des fleurs pour Algernon, roman de Daniel Keyes
2. « Winston Tastes Good Like a Cigarette Should »
3. « Think different ! »
Article de Maeve, professeur universitaire d’anglais, rédactrice publicitaire, romancière publiée sous le nom de Maddox, paru sur le site www.dailywritingtips.com


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